Pénuries de main d'oeuvre dans une Europe au chômage
Le phénomène n'a rien de nouveau. Depuis des années, nous insistons sur le fait que l'employabilité n'a rien à voir avec la qualité nominale des formations. La difficulté des temps le met aujourd'hui en valeur. Il manque paraît-il 200 000 professionnels dans les entreprises françaises, l'industrie allemande les fait venir avec leurs familles d'Espagne, d'Italie ou de Pologne. Par contre, les Alsaciens non qualifiés, qui croient connaître l'allemand parce qu'ils parlent le dialecte, ne sont plus employables que dans les métiers bas de gamme en Allemagne.La différence entre ceux qui sont employables et ceux qui ne le sont pas est encore accentuée par l'apparition des nouvelles technologies et l'évolution des usages. Par exemple, les départements informatiques des grands groupes emploient désormais des data scientists pour collecter, traiter et analyser les masses de données qui leur parviennent chaque jour.
Selon une étude du groupe EMC France, spécialisé dans le stockage informatique, " au-delà des technologies, il y a un réel besoin en expertise et en hommes dans les organisations pour transformer l'information en valeur ".
Un nouveau marché émerge car le big data enfle dans les directions informatiques. Les nouveaux usages (réseaux sociaux, mobilité) et les nouvelles technologies (smart phones, tablettes, cloud computing) expliquent en grande partie la multiplication des informations dites non structurées (audio, vidéo, images, etc.) dans les entreprises. Pour l'instant, on l'observe surtout dans les pays anglo-saxons et en France une entreprise sur cinq serait pour l'instant intéressée.
Romain Gueugneau Les Echos 5 décembre 2011
Ce qui confirme les questionnements de notre édito

