Revisiter l'organisation du travail des cadres

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2 salariés sur 3 dans le monde et en France estiment que leur présence physique sur leur lieu de travail n'est plus indispensable pour être productif. De fait, leur désir de disposer d'un accès mobile et flexible au réseau d'informations et de documents de l'entreprise est tel que le même nombre de salariés déclare préférer un emploi moins bien rémunéré et présentant la possibilité d'accéder aux informations de l'entreprise en dehors du bureau plutôt qu'un emploi mieux payé mais moins flexible.

En plus de ces données, l'étude internationale The Cisco Connected World Report fournit des informations concrètes sur les attentes, ainsi que sur les réactions générales des salariés, qui sont révélatrices de la manière dont ils souhaitent aujourd'hui accéder à l'information et voir évoluer les méthodes de communication professionnelles, donc avec un impact sur les méthodes et l'organisation du travail.

A chaque grand thème, nous apportons notre commentaire en lien avec la proactivité nécessaire pour une Gestion RH anticipatrice.

1. Deux aspirations essentielles : mobilité et flexibilité
* L'étude, menée auprès de 2 600 salariés et professionnels du secteur des technologies de l'information dans 13 pays, révèle que 3 personnes sur 5 (60 %) estiment que la présence physique au bureau n'est plus indispensable pour garantir la productivité. Cette opinion est partagée en France (56 %) et en Grande-Bretagne (66 %) mais est particulièrement répandue en Asie et en Amérique latine, où plus de 9 salariés indiens sur 10 (93 %) déclarent ne pas avoir besoin d'être sur leur lieu de travail pour être productifs. Ce sentiment prévaut aussi majoritairement en Chine (81 %) et au Brésil (76 %).
Avis Consilio : il est révélateur que ce soit dans les pays émergeants que la tendance observée soit la plus lourde (20 à 30% supérieure). Sommes-nous par trop figés dans nos modes organisationnels ou refusons-nous l'évidence ? Préférons-nous les tours de La Défense avec 3 h quotidien de trajet ou l'autonomie responsabilisée du home office ?

* Parmi les salariés interrogés, 2/3 souhaitent que les technologies de l'information leur permettent d'utiliser tout type d'appareils - outils personnels ou matériels appartenant à l'entreprise - pour accéder aux réseaux, aux applications et aux informations de leur entreprise partout et à tout moment. Les salariés comptent sur une plus grande diversification des postes de travail connectés en réseau pouvant, à l'avenir s'étendre à des appareils qui n'ont pour l'instant pas de finalité professionnelle tels que les téléviseurs ou les écrans de navigation dont sont équipées les voitures.
Avis Consilio : Pour les téléviseurs dernière génération, c'est déjà le cas. Pour les voitures, c'est demain (2014). Nous confirmons et rappelons (voir notre doc " Les enjeux de la GRH pour la décennie 2010-20 ") que l'organisation du travail sera profondément transformée dans la décennie sous l'impact des technologies, impact encore plus puissant que celui vécu ces 10 dernières années. A quand la prise de conscience ? En proactivité pour une anticipation sereine ou en réactivité pour une intégration bousculée ?

* Parmi les salariés interrogés disposant de l'accès aux réseaux, applications et documents de leur entreprise depuis l'extérieur, près de 45 % déclarent effectuer deux à trois heures de travail supplémentaires par jour. Ceci est également le cas pour 38 % des personnes interrogées en France, 35 % en Grande-Bretagne, 40 % en Espagne, 46 % en Italie, mais seulement 27 % en Allemagne. Et 72% des Français regrettent l'impossibilité de se connecter à distance au réseau de leur entreprise. Toutefois, les heures supplémentaires ne signifient pas que les salariés sont sur la brèche et corvéables en permanence. Ils souhaitent tout simplement disposer de suffisamment de flexibilité pour pouvoir gérer au mieux le rapport entre travail et vie personnelle au cours de leur journée.
Avis Consilio : flexibilité et productivité semblent faire bon ménage. Ne serait-ce pas aussi l'objectif des entreprises ? Dommage qu'autant d'heures potentielles de travail effectuées sans contrainte soient perdues. Pour mémoire, + d'1 million d'heures sont perdues en transports saturés à Paris et génèrent absentéisme et stress. Et toutes les grandes métropoles régionales suivent cette tendance. Et si l'organisation du travail était plus génératrice de risques psycho-sociaux que le management ? Ou que l'un était facteur d'amplification de l'autre ?

* Les salariés accordent tant d'intérêt à l'aspect flexible d'un emploi que cette flexibilité constituerait un élément déterminant dans leur attachement à une entreprise (13 %), dans leur choix de carrière (12 %) voire de leur moral (9 %). Par exemple, deux salariés sur trois dans le monde (63 % en France) déclarent préférer un emploi moins bien rémunéré mais plus flexible en termes d'utilisation des technologies, d'accès aux médias sociaux et de mobilité, plutôt qu'un poste mieux payé mais dépourvu d'une telle flexibilité.
Avis Consilio : Deux impacts de GRH : la fidélisation des collaborateurs dans la recherche des meilleures compétences présente quelquefois des solutions économiques ; Le mieux vivre au travail commence par le mieux accéder à son poste de travail.

2. Les entreprises sont-elles en mesure de répondre aux aspirations des salariés ?

* Près de la moitié des professionnels interrogés exerçant dans le secteur IT (45 %) déclare ne pas disposer des technologies nécessaires, ni d'une politique d'entreprise adéquate pour travailler avec une équipe salariale plus nomade, plus mobile. La sécurité reste le problème prioritaire.

* Tandis que nombre de professionnels IT interrogés estiment que les freins majeurs à la nomadisation de leur équipe sont la sécurité (57 %) et le budget (34 %), ces derniers, au contraire, considèrent souvent que la stratégie en matière de technologies de l'information et la politique de leur entreprise sont en réalité les principaux obstacles. Ce point de vue prédomine particulièrement chez les salariés indiens (58 %) et est partagé par 31 % des Français, qui considèrent que la politique en matière de technologies de l'information représente un obstacle à un mode de travail plus flexible.
Avis Consilio : oui, la technologie permet aux entreprises de répondre aux aspirations des salariés. La question est plutôt : le veulent-elles ? La sécurité informatique doit être travaillée en amont et les procédures explicitées aux utilisateurs (règlement intérieur, délégation de pouvoir et formation). C'est une condition préalable, mais pas un obstacle technique. Surtout ce ne doit pas être le prétexte du déni de tous les avantages. Sinon, pourquoi pensez-vous que les Chinois, volontiers taxés de protecteurs, seraient en avance sur le sujet ?

3. La formation et la politique de l'entreprise sont aussi essentiels que la technologie
* Globalement, 27 % des salariés français déclarent qu'ils ont surpris des inconnus en train de regarder l'écran de leur ordinateur lorsqu'ils l'utilisaient en public, contre 10 % en Italie ou seulement 3 % en Allemagne. 22 % des salariés français reconnaissent également n'avoir jamais été attentifs à l'environnement où ils travaillent, contre 19 % en Italie, 15 % en Grande Bretagne, 8 % en Espagne et 6 % en Allemagne.
* Près d'un salarié sur cinq (17 %) reconnaît ne pas surveiller ses appareils lorsqu'il n'est pas seul. Ce pourcentage s'élève à 11 % en France, contre 0 % en Allemagne !
* Globalement, près de trois salariés sur cinq (58 %) reconnaissent avoir autorisé des personnes étrangères à l'entreprise à utiliser sans surveillance le matériel de l'entreprise mis à leur disposition.
* Plus les salariés travaillent à distance, plus les risques de perte de données augmentent. Un quart des professionnels IT interrogés (26 %) affirme qu'au cours des 12 derniers mois, un quart du matériel prêté aux salariés a été volé ou perdu.
* Inévitablement, plus la mobilité des salariés augmente, plus la sécurité et la gestion des risques deviennent préoccupantes. Les résultats de l'étude soulignent la réelle nécessité d'améliorer les politiques d'entreprise, la formation des utilisateurs finaux, et, plus important encore, de garantir des relations de confiance entre les salariés et les services IT.

Notre conclusion Consilio : L'accessibilité des cadres en tout lieu aux données de l'entreprise devient un élément à considérer dans l'organisation des entreprises. The Cisco Connected World Report permet d'en identifier les enjeux techniques et organisationnels, mais également les bénéfices de productivité et de bien être humain et environnemental. A chacun d'y voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, le risque ou l'opportunité. Sereinement, il nous faut surtout identifier les perspectives positives en ayant vigilance sur les aspects négatifs pour les maîtriser. Ce rapport incite à se poser les bonnes questions et à se montrer proactifs face aux nouveaux modes d'organisation des entreprises sous l'impact des technologies et des évolutions sociologiques.
C'est une question d'aspirations à un mode de vie pour les salariés et de déclinaisons de nouveaux modes de management temporel et spatial. Le tout pour permettre un gain de productivité et de flexibilité réactive de l'entreprise.

Pour ce qui est de l'organisation Consilio, nous avons pris cet axe du " total nomadisme ". Tous nos collaborateurs peuvent avoir accès en tout lieu aux données de l'entreprise. Nos bureaux, pris en centres d'affaires, sont plus des adresses légales que des ancrages de travail quotidien. Nos clients paient nos prestations intellectuelles apportées en tous lieux (et 24h/24 pour certaines prestations), mais pas les M² et la moquette ! Cela nous oblige aussi à tendre vers le zéro papier avec indirectement un impact environnemental. A contrario, nous veillons à une discipline de communication verbale et à des temps relationnels décontractés entre collaborateurs pour ne pas dématérialiser le sentiment d'appartenance à Consilio.